IMSAFE : êtes-vous vraiment en état de voler aujourd'hui ?

IMSAFE : êtes-vous vraiment en état de voler aujourd'hui ?

Avant chaque vol, on vérifie l'avion : carburant, huile, gouvernes, pneus. Mais on oublie souvent de vérifier le pilote. Or l'avion le plus fiable ne vaut rien si celui qui le pilote n'est pas en état. Les pilotes du monde entier utilisent pour cela une check-list simple : IMSAFE.

Schéma : la check-list IMSAFE en six questions

Les six questions d'IMSAFE

  • Illness (maladie) : suis-je malade, même légèrement ?
  • Medication (médicaments) : ai-je pris un médicament qui pourrait altérer ma vigilance ?
  • Stress : un souci personnel ou professionnel m'occupe-t-il l'esprit ?
  • Alcohol (alcool) : ai-je bu dans les heures précédentes ?
  • Fatigue : ai-je assez dormi ?
  • Eating (alimentation) : ai-je mangé et bu suffisamment ?

Une seule réponse inquiétante suffit à reporter le vol. Renoncer n'est jamais une faiblesse : c'est une compétence de pilote.

L'hypoxie : le danger qui ne fait pas mal

En altitude, l'oxygène disponible diminue. Au-delà d'environ 10 000 pieds, le cerveau commence à en manquer. L'hypoxie est traîtresse : elle ne fait pas mal, mais elle altère le jugement, provoque une euphorie, des erreurs de calcul, une vision qui se rétrécit. En Europe par exemple, l'oxygène est exigé au-dessus de 10 000 pieds prolongé et toujours au-dessus de 13 000 pieds. La plupart des vols en ULM et en avion léger restent bien en dessous.

Le monoxyde de carbone

Sur beaucoup d'avions légers, le chauffage cabine récupère la chaleur autour de l'échappement. Une fissure peut laisser entrer du monoxyde de carbone, invisible et inodore : maux de tête, nausées, somnolence, confusion. Au moindre doute, coupez le chauffage, aérez et atterrissez. Un petit détecteur de CO dans le cockpit est un excellent investissement.

Pourquoi un pilote VFR ne doit jamais entrer dans les nuages

Notre sens de l'équilibre repose sur l'oreille interne, que la vue corrige en permanence. Sans repère extérieur, elle se trompe : un virage prolongé finit par être ressenti comme une ligne droite. Un pilote non formé au vol aux instruments peut perdre le contrôle en quelques minutes seulement. Si la visibilité baisse, faites demi-tour tant que vous voyez encore l'horizon.

Trois réflexes simples

  • Ne pas voler enrhumé : la descente peut devenir très douloureuse pour les oreilles et les sinus.
  • Après une plongée avec bouteille, attendre avant de voler : on recommande généralement 12 à 24 heures selon le type de plongée.
  • Bouger la tête et balayer le ciel : chaque œil a une tache aveugle où un avion peut se cacher.

Un exercice pour ancrer le réflexe

Écrivez IMSAFE sur une petite carte et glissez-la dans votre carnet de vol. Avant chacun de vos cinq prochains vols, répondez honnêtement aux six questions, par écrit. Au bout de quelques vols, la vérification devient automatique.

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